Quand j'avais 12 ans je me suis mise à écrire un journal. J'étais très assidue. J'y racontais mes journées.
Bizarrement, à sa relecture, l'image qui apparait n'est pas du tout celle que j'avais de moi au moment d'écrire.
Je me voyais en petite jeune fille mûre, studieuse,timide,un peu bébé tout de même (j'aimais beaucoup mes poupées).
La petite fille qui a écrit toutes ses lignes jugeait d'un regard critique ses petites camarades qui s'intéressaient aux garçons, aux magasines de modes et de musiques. Elle les trouvait un peu bécasse de découper des chanteurs connus pour les coller dans un cahier, d'apprendre des paroles par coeur et d'être histériques juste quand leur nom était prononcé!
Cette petite fille ne valait pas mieux que les autres au final. Elle a eu bien tord de jouer les bêcheuses et de penser qu'elle était différente.
Son journal ne parle que de garçons. Elle était amoureuse chaque semaine d'un nouveau. Elle était à l'affût d'un regard, d'un sourire, d'un mot.
Ses jambes flageolaient, son coeur s'embalait, elle se mettait à glousser dés qu'un représentant du sexe opposé s'approchait.
Petite fille bien superficielle.
Aujourd'hui je continue à faire les mêmes erreures. Je me crois au-dessus de tout ça. C'est faux. C'est bien de le remarquer enfin.
Il est enfin temps de m'avouer que la séduction est pour moi importante. Que j'ai besoin du regard des autres et que j'ai besoin de plaire. De le constater dans les regards masculins.
C'est important que je me le dise, que j'en ai conscience, pour enfin me libérer de ça. Me libérer de cette quête de plaire à un père qui est parti trop tôt, qui a laissé se petite princesse, sa poupée dont il était si fière et qu'il trouvait si belle.
J'ai toujours voulu être reconnu pour mon intelligence. Mon physique je ne l'assumait pas. J'éais gêné quand on me faisait un compliment. Et en même temps j'étais très fier de ce physique je le mettais en avant, j'espérais qu'il accrocherais les regards, qu'il permettrait aux gens de me remarquer.
Je reste la même. Ce qui change c'est qu'aujourd'hui je sais tout ça.
Mais je sais surtout que l'on peut avoir une tête bien faite et une tête bien pleine. L'un n'est pas obligé de prendre le pas sur l'autre. Un juste équilibre peut être trouvé.
Je m'y exerce encore...